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Le haïku

Le haïku est un poème bref d’inspiration japonaise, né au XVIIe siècle, poème d’environ dix-sept syllabes et comportant une césure,… Voilà un début de définition peut-être aride…  Au-delà des contraintes, le sens profond de ce petit rien reflète un quotidien banal, un moment perdu dans l’immensité du monde, un souffle pour contrer la fugacité du présent et l’évanescence du souvenir.

Le haïku relève de la sagesse ancienne. La célébration de la nature invitait à la contemplation, à la méditation, à la réflexion sur l’impermanence. Le nanopoème perpétue cette tradition en transposant en langage simple une perception sensorielle et en laissant filtrer l’émotion sous-jacente. Il s’attarde à la nature mais il s’attarde également aux relations interpersonnelles, à l’expression de la sensibilité à l’Autre : il devient la trace d’un regard, d’un émoi, d’une fébrilité et il diffuse l’essentiel. Gardien privilégié d’un lien unique, il exprime à la fois la force de l’observation et la vulnérabilité de l’auteur.e. Dire en peu de mots un tremblement, un sourire, retenir le temps qui fuit. Se leurrer en captant la fragilité de l’existence…

Le haïku, facile à lire, est lié au phénomène de démocratisation de la poésie. Par sa simplicité et sa transparence, il dresse un pont entre l’expérience du poète et celle du lecteur, entre mon expérience et la vôtre.